Le profil médical « seuil II » expliqué

Le profil SIGYCOP utilisé pour la Police nationale reprend la même grammaire que celui appliqué aux militaires : sept sigles, chacun noté de 1 (aptitude parfaite) à 6 (inaptitude). Plus le chiffre est bas, meilleure est l'aptitude. Les sept lettres : S = ceinture Scapulaire et membres supérieurs ; I = ceinture pelvienne et membres Inférieurs ; G = état Général (constitution, état nutritionnel, maladies chroniques) ; Y = Yeux et vision (sens chromatique exclu, traité à part) ; C = sens Chromatique (vision des couleurs) ; O = Oreilles et audition ; P = Psychisme (évalué lors de l'entretien médical et oral). Le « seuil II » signifie que pour chaque sigle, le candidat doit afficher un niveau au moins équivalent à 2 — sauf dérogation prévue par l'arrêté pour certains sigles secondaires. Concrètement, un profil 2-2-2-2-2-2-2 valide tous les seuils sans réserve. Des seuils plus restrictifs (par exemple S=1 ou I=1) ne sont pas exigés pour le concours de gardien de la paix externe, mais peuvent l'être pour certaines spécialités prises ultérieurement (RAID, GIPN, sécurité publique d'élite). Les corps couverts par cet arrêté seuil II sont tous les corps actifs de la Police nationale (gardiens, officiers, commissaires) et leurs candidats — y compris les cadets de la République et policiers adjoints, avec des aménagements spécifiques pour les contractuels.

Acuité visuelle 2026 : les chiffres exacts

L'article 13 de l'arrêté du 25 novembre 2022 fixe les seuils du profil II applicables au corps d'encadrement et d'application (gardiens de la paix). Trois combinaisons sont admissibles sans correction, trois autres avec correction. Ces chiffres sont les références à connaître pour 2026.

Source : arrêté du 25 novembre 2022, article 13 (profil seuil II — gardiens de la paix).
Mode de mesureSeuil exigé (profil II)
Acuité visuelle de loin, sans correction (3 combinaisons admissibles)3/10 chaque œil OU 4/10 et 2/10 OU 5/10 et 1/10
Acuité visuelle de loin, avec correction (3 combinaisons admissibles)8/10 chaque œil OU 9/10 et 7/10 OU 10/10 et 6/10
Amétropie maximale tolérée — myopie-3 dioptries
Amétropie maximale tolérée — hypermétropie+3 dioptries
Tolérance en cours de carrière+1/10 par œil et/ou +1 dioptrie
Sens chromatique (C)Vision des couleurs requise — Ishihara ou équivalent
  • Si vous avez plus de 3 dioptries de myopie ou d'hypermétropie, vous êtes hors-seuil sur le profil II — une chirurgie réfractive (PKR, LASIK, SMILE) peut être envisagée si vous êtes éligible médicalement (stabilité ≥ 1 an post-opération).
  • Le port de lentilles est compatible avec la fonction, mais la correction obtenue doit ramener l'acuité à l'une des trois combinaisons admissibles (8+8, 9+7 ou 10+6).
  • La vision des couleurs (sens chromatique C) est évaluée par test d'Ishihara ou équivalent — un daltonisme sévère est une cause fréquente d'inaptitude.

Tatouages : ce qui est admis, ce qui ne l'est pas

Sujet récurrent des candidats, les tatouages obéissent à un régime différent de celui de la Gendarmerie nationale (qui depuis l'instruction interne révisée fin 2023 a renforcé ses restrictions). Côté Police nationale, la règle est moins formalisée mais respecte trois grands principes. Principe 1 — Pas de tatouage à connotation religieuse, politique, philosophique ou contraire à la déontologie du policier. Cette interdiction est de fond, elle s'applique que le tatouage soit visible ou non en uniforme. Sont concernés notamment : symboles politiques explicites, motifs prosélytes, inscriptions à caractère obscène, références à des courants idéologiques sanctionnés. Principe 2 — Tatouages visibles en uniforme : la tolérance est plus large qu'en gendarmerie. Un tatouage qui apparaît sur l'avant-bras lorsque vous êtes en chemise polo manches courtes est généralement accepté, à condition d'être conforme au principe 1. Les zones les plus sensibles restent le visage, le cou et les mains, qui peuvent faire l'objet d'une appréciation au cas par cas par le médecin agréé et le jury. Principe 3 — L'appréciation finale revient au médecin agréé et, si nécessaire, à la hiérarchie d'affectation. Si vous avez un doute sur un tatouage existant, présentez-le au médecin lors de la visite : c'est lui qui statue, et la décision est inscrite au dossier. Mieux vaut anticiper qu'être surpris en école par une obligation de retrait ou de couverture. Dans tous les cas, un détatouage laser n'est pas une obligation administrative en soi pour la Police nationale, mais peut s'imposer si un tatouage est jugé incompatible. Ce traitement, douloureux et long (6 à 12 séances étalées sur 1 à 2 ans selon la couleur et la profondeur), doit être planifié bien avant le concours si vous savez qu'un de vos tatouages pose problème.

Antécédents médicaux et contre-indications fréquentes

Au-delà de la vue, de l'audition et des tatouages, plusieurs antécédents médicaux sont régulièrement signalés par les médecins agréés comme cause potentielle d'inaptitude. La liste n'est pas exhaustive et chaque dossier est examiné individuellement, mais les motifs suivants ressortent fréquemment :

  • Pathologies cardiovasculaires non stabilisées (insuffisance, troubles du rythme non traités, séquelles d'infarctus récents)
  • Diabète insulinodépendant : appréciation au cas par cas, souvent défavorable pour les fonctions de terrain
  • Épilepsie : antécédents de crise dans les 5 dernières années généralement éliminatoires
  • Asthme sévère, persistant ou nécessitant un traitement de fond lourd
  • Allergies graves documentées (anaphylaxie, port d'auto-injecteur EpiPen quotidien)
  • Troubles psychiatriques avec antécédents d'hospitalisation, suivi psychiatrique en cours, traitement psychotrope au long cours
  • Pathologies orthopédiques chroniques (lombalgie invalidante, scoliose marquée, séquelles de fracture limitant l'amplitude articulaire)
  • Hernies non opérées, varices marquées des membres inférieurs
  • Usage actuel ou récent de produits illicites (le dépistage urinaire est obligatoire et doit être négatif)

Le profil médical seuil II est appliqué de façon littérale par les médecins agréés. Ne pariez pas sur la bienveillance d'un cas individuel : préparez un dossier clair, avec courriers médicaux récents, comptes-rendus d'examens, et bilan ophtalmologique à jour.

Calendrier et déroulement de la visite médicale

La visite médicale n'intervient pas au début du processus : elle a lieu après les épreuves d'admission. C'est une étape de validation, pas une présélection. Pour la 1ʳᵉ session 2026 du concours externe gardien de la paix, le calendrier provisoire annoncé par la Police nationale prévoit les épreuves sportives et orales du 23 mars au 29 mai 2026. Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 27 juillet 2026 pour les sessions ultérieures (sous réserve de modifications par arrêté ministériel — les dates peuvent évoluer selon la pression administrative et le calendrier des SGAMI). La convocation à la visite médicale est envoyée par le SGAMI (Secrétariat général pour l'administration du ministère de l'Intérieur) compétent pour votre département, après que vous avez été déclaré admis. Vous êtes orienté vers un médecin agréé de la Police nationale dans votre zone géographique. La visite se déroule typiquement en trois temps :

  1. Entretien préalable avec un infirmier sur la base d'un questionnaire médico-biographique pré-rempli par le candidat (antécédents personnels, familiaux, traitements en cours, allergies)
  2. Examens biométriques (poids, taille, IMC, tension artérielle, parfois ECG selon les centres)
  3. Examen médical par le médecin agréé de la Police nationale : examen clinique complet, vision (Ishihara + acuité), audition, mobilité articulaire, examen cutané (tatouages, cicatrices), prélèvement urinaire pour dépistage de stupéfiants

À retenir

L'aptitude médicale au concours gardien de la paix 2026 repose sur le profil seuil II défini par l'article 13 de l'arrêté du 25 novembre 2022, complété par l'arrêté du 26 mars 2004 pour l'aptitude physique générale. Trois points méritent une vigilance particulière en 2026. La vue : amétropie maximale ±3 dioptries (myopie -3D, hypermétropie +3D), acuité corrigée selon l'une des trois combinaisons admissibles (8/10 chaque œil, ou 9/10 et 7/10, ou 10/10 et 6/10). Attention aux confusions fréquentes avec le profil I (réservé à des unités d'intervention spécifiques) qui exige -1D/+2D et 10/10 corrigé — ces chiffres ne sont pas ceux du gardien de la paix. Les tatouages : régime plus tolérant qu'en gendarmerie, mais zones visage/cou/mains à risque, et fond toujours interdit (politique, religieux, contraire à la déontologie). Les stupéfiants : dépistage urinaire obligatoire, à anticiper avec un arrêt total 4 à 6 semaines avant la convocation. La visite médicale a lieu après réussite au concours, dans votre SGAMI de rattachement, devant un médecin agréé. C'est une étape de validation finale, pas une présélection. Préparez votre dossier médical (ordonnances, certificats, lunettes/lentilles) pour optimiser la décision d'aptitude. Pour approfondir, consultez nos guides [calendrier session 1 2026](/guides/concours-gardien-de-la-paix-2026-session-1-calendrier), [fiche métier gardien de la paix](/guides/metier-gardien-de-la-paix) et [oral d'admission gardien de la paix](/guides/oral-admission-gardien-de-la-paix-2026). En cas de doute sur un point précis, prenez contact avec le SGAMI de votre département : c'est l'interlocuteur officiel pour toute question d'aptitude médicale.