Les CRS : la réserve mobile de la Police nationale

Comme pour la BAC, il n'existe pas de « concours CRS ». Les compagnies républicaines de sécurité sont une affectation au sein de la Police nationale : pour devenir CRS, il faut d'abord être policier, le plus souvent gardien de la paix recruté par le concours classique (niveau baccalauréat). Créées en 1944, les CRS constituent la réserve générale mobile de la Police nationale, rattachée à la Direction centrale des CRS (DCCRS). Leur vocation première est le maintien de l'ordre public, mais elles couvrent aussi la sécurité routière, le secours en montagne et le renfort des services locaux. C'est l'une des affectations les plus identifiables du métier de policier. La différence majeure avec la BAC : on peut rejoindre une CRS dès la sortie de l'école de police, alors que la BAC exige au moins deux ans de services après titularisation.

1944Créationréserve générale mobile
~65Compagnies de service généralmaintien de l'ordre
GPXVoie d'entréeconcours gardien de la paix
NationaleMobilitédéployable sur tout le territoire

Repères 2026 — sources : DCCRS, documentation Police nationale.

Deux voies pour rejoindre une CRS

Contrairement à la BAC, l'accès à une CRS ne suppose pas obligatoirement plusieurs années d'ancienneté. Deux chemins coexistent : À la sortie de l'école — au mérite : lors du choix des affectations en fin de scolarité, les postes en CRS figurent parmi les options. Le rang de classement de sortie détermine l'ordre de choix : les élèves les mieux classés peuvent demander une compagnie en priorité. Un jeune gardien peut donc être affecté en CRS dès sa première affectation. En cours de carrière — par mutation interne : un policier déjà en poste peut rejoindre une CRS lorsqu'une vacance est publiée. Il répond alors à l'appel à candidatures diffusé par l'administration. Cette voie concerne les agents qui découvrent le maintien de l'ordre après quelques années en sécurité publique. Dans les deux cas, la candidature passe par la Direction centrale des CRS à Paris ou par l'une des directions zonales (Vélizy, Lille, Rennes, Bordeaux, Marseille, Lyon, Metz).

La formation à l'intégration

Quelle que soit la voie d'accès, le policier affecté en CRS suit une formation d'adaptation à l'emploi avant de prendre son poste. D'après la documentation spécialisée, elle dure de l'ordre de trois semaines pour les compagnies de service général (maintien de l'ordre) et environ deux semaines pour les CRS autoroutières. La formation ne s'arrête pas à l'intégration : les CRS suivent un entraînement continu soutenu, de l'ordre de 25 jours par an, mêlant manœuvres collectives de maintien de l'ordre, séances de tir, recyclages annuels et modules propres à la spécialité (secours en montagne, sécurité routière). Ce niveau d'entraînement reflète l'exposition opérationnelle de ces unités, notamment lors des opérations de maintien de l'ordre.

Les différents types de CRS

Les CRS ne se limitent pas au maintien de l'ordre. La direction centrale regroupe plusieurs catégories d'unités, chacune avec ses missions propres :

Catégories d'unités CRS — source : DCCRS, documentation Police nationale (ordres de grandeur).
Type d'unitéMission principale
Compagnies de service général (~65)Maintien de l'ordre, sécurisation des grands événements, renfort de la sécurité publique
CRS autoroutières (≈ 9)Sécurité et fluidité du trafic, intervention sur accidents, assistance aux usagers
Unités motocyclistes zonalesEscortes, sécurité routière, appui mobile
CRS montagne (Alpes et Pyrénées)Secours en montagne été comme hiver, prévention des accidents
Unité de protection des personnalitésSécurité rapprochée de hautes personnalités

Les missions au quotidien

Le cœur de métier des CRS de service général est le maintien et le rétablissement de l'ordre public : encadrement des manifestations, gestion des rassemblements à risque, rétablissement de l'ordre en cas de troubles. À cela s'ajoutent : — La sécurisation des grands événements : cérémonies officielles, rencontres sportives, festivals, concerts, sommets. — Les patrouilles et la sécurisation de zones spécifiques : frontières, secteurs sensibles, renforts saisonniers (plages l'été, stations de ski l'hiver). — Le renfort des forces locales de sécurité publique lors de pics d'activité. Les unités spécialisées y ajoutent la sécurité routière (CRS autoroutières) et le secours aux personnes (CRS montagne). C'est cette polyvalence, du maintien de l'ordre au sauvetage, qui distingue les CRS des autres affectations de la Police nationale.

Mobilité et conditions d'emploi

Le trait distinctif des CRS de service général est la mobilité. Unités de réserve nationale, elles sont déployables sur l'ensemble du territoire selon les besoins d'ordre public : un policier en CRS part régulièrement en déplacement, parfois loin de son lieu de résidence et pour plusieurs jours d'affilée. Ces déplacements ouvrent droit à des indemnités spécifiques qui complètent la rémunération du gardien de la paix. C'est un mode de vie à prendre en compte avant de candidater : le rythme des déplacements et la disponibilité exigée sont plus élevés qu'en sécurité publique sédentaire. En contrepartie, l'affectation offre une forte cohésion d'équipe, une spécialisation reconnue et un éventail de missions varié. La rémunération reste celle du grade (gardien de la paix), augmentée des primes liées aux sujétions et aux déplacements.

CRS ou BAC : quelle unité choisir ?

Les deux affectations attirent souvent les mêmes candidats, mais leur logique diffère nettement. La BAC (brigade anti-criminalité) agit localement, en tenue civile, contre la délinquance de voie publique (flagrants délits, stupéfiants, violences urbaines) ; elle exige au moins deux ans de services après titularisation. La CRS agit en unité constituée, en tenue, sur le maintien de l'ordre et les missions mobiles à l'échelle nationale ; elle est accessible dès la sortie de l'école au mérite. L'une privilégie l'intervention rapide de proximité, l'autre la projection collective et la mobilité. Le choix dépend du mode de vie recherché autant que du type de missions.

FAQ — Devenir CRS

Faut-il un concours spécial pour devenir CRS ?

Non. Il n'existe pas de concours CRS. On entre dans la Police nationale par le concours de gardien de la paix (ou d'officier), puis on est affecté en compagnie républicaine de sécurité — dès la sortie de l'école selon le classement, ou plus tard par mutation.

Peut-on être CRS juste après l'école de police ?

Oui. Contrairement à la BAC (qui exige deux ans de services après titularisation), une affectation en CRS peut s'obtenir dès la première affectation, en fonction du rang de classement de sortie d'école. Les mieux classés choisissent en priorité.

Les CRS font-ils seulement du maintien de l'ordre ?

Non. Si les compagnies de service général sont dédiées au maintien de l'ordre, il existe aussi des CRS autoroutières (sécurité routière), des CRS montagne (secours en montagne dans les Alpes et les Pyrénées), des unités motocyclistes et une unité de protection des personnalités.

La vie en CRS implique-t-elle beaucoup de déplacements ?

Oui. Les compagnies de service général sont une réserve nationale déployable partout en France. Les déplacements, parfois longs, font partie du quotidien et ouvrent droit à des indemnités. C'est un mode de vie à anticiper avant de candidater.

Comment se préparer dès maintenant si on vise les CRS ?

La meilleure préparation est de réussir le concours de gardien de la paix avec un bon classement, car les postes en CRS se choisissent au mérite en fin de scolarité. Un bon niveau sportif et une solide préparation aux épreuves restent les leviers les plus directs.