Format officiel du cas pratique (2 h, coef 4/5)

Comment transformer deux heures et un dossier de dix pages en une note qui convainc le jury ? C'est précisément la question que pose l'épreuve de cas pratique du concours de gardien de la paix — et la réponse ne s'improvise pas.

2 hDuréeBrouillon autorisé non ramassé
5-10 p.Dossier documentaireLois, circulaires, presse
Coef 4/5PondérationExterne / interne
5/20Note éliminatoireExclusion définitive

Repères officiels (arrêté du 30 septembre 2025, JORFTEXT000052345292).

Étape 1 : lecture active du dossier (15 min)

La première lecture est consacrée à identifier, pas à tout comprendre. Munissez-vous d'un crayon et annotez en marge : thème du document (loi, circulaire, fait divers, chiffre), date de publication, et une étoile pour les éléments qui vous semblent centraux. La seconde passe de lecture (8 minutes) est ciblée : vous cherchez la problématique implicite que le rédacteur du sujet a voulue. Quel problème opérationnel ou juridique ce dossier soulève-t-il ? La réponse à cette question est votre boussole pour toute la suite. Faites un repérage des données chiffrées, des références législatives et des dates. Ces éléments doivent impérativement apparaître dans votre rédaction — ils démontrent que vous avez lu le dossier et non que vous avez appliqué un plan générique.

Étape 2 : cadrage de la problématique (10 min)

Le cadrage de la problématique est l'étape la plus intellectuellement exigeante. Il s'agit de formuler en une ou deux phrases la tension centrale du sujet : pourquoi ce cas pose-t-il un problème, et quel type de réponse est attendu d'un agent ou d'un service de police ? Une bonne problématique n'est pas une question rhétorique vague (« Comment la police peut-elle gérer la situation ? ») mais une formulation précise qui anticipe le plan : « Face à [situation X] impliquant [acteurs Y], comment le service de police doit-il articuler [impératif opérationnel A] et [contrainte juridique B] ? » Si vous ne trouvez pas de problématique en 10 minutes, posez-vous cette question : quel est le dilemme auquel l'agent de police est confronté dans ce dossier ? Le dilemme peut être opérationnel (ressources limitées, urgence), juridique (conflit de normes), ou hiérarchique (instructions contradictoires).

Étape 3 : construction du plan structuré (15 min)

Le plan est binaire (2 parties, 2 sous-parties chacune) dans la majorité des sujets. Le plan ternaire (3 parties) est acceptable mais risqué : il exige plus de temps de développement et fragilise l'équilibre de la copie. Chaque partie doit répondre à une sous-question distincte découlant de la problématique. Sous-titres recommandés : formulations nominales ou infinitives (pas de questions dans les titres d'une copie administrative). À ce stade, attribuez un nombre de pages approximatif à chaque partie (1 page par sous-partie = plan 2×2 sur 4 pages rédigées). Notez dans la marge du brouillon les 2 ou 3 arguments principaux de chaque sous-partie, avec leur référence documentaire. Ne rédigez pas encore — ce travail au brouillon est votre assurance contre le hors-sujet.

Étape 4 : rédaction argumentée (70 min)

Soixante-dix minutes pour rédiger une réponse en 4 à 6 pages de copie. C'est faisable à condition de respecter le plan construit à l'étape précédente sans le modifier en cours de rédaction. Introduction (10 minutes, 15-20 lignes) : entrée en matière (contextualisation du sujet), problématique reformulée, annonce du plan. L'introduction est l'élément le plus relu par le correcteur — elle doit être irréprochable. Développement (50 minutes) : rédigez en phrases complètes, ton administratif neutre et précis. Chaque argument est suivi d'un exemple ou d'une référence tirée du dossier (article de loi, donnée chiffrée, date). Évitez les formules vagues (« il convient de », « on peut observer que »). Conclusion (10 minutes, 10-12 lignes) : synthèse des deux parties, ouverture courte sur les enjeux pratiques pour le service. La conclusion ne doit pas introduire d'élément nouveau.

Étape 5 : relecture et correction (10 min)

La relecture est une étape à part entière, pas un bonus si le temps le permet. Réservez impérativement 10 minutes pour elle — quitte à écourter légèrement le développement. Relecture 1 (5 minutes) : vérification du fond. Avez-vous répondu à la problématique ? Chaque partie contribue-t-elle à la réponse ? Aucun hors-sujet manifeste ? Relecture 2 (5 minutes) : vérification de la forme. Orthographe (insistez sur les accords sujet-verbe et les participes passés), ponctuation, lisibilité de l'écriture. Une faute grossière ou trop répétée peut faire baisser la note d'un point. La calligraphie doit rester lisible même en fin d'épreuve — si votre écriture se détériore sous le stress, ralentissez.

Grille correcteur reconstituée

D'après les retours de candidats des sessions précédentes et les grilles disponibles dans les ouvrages de préparation, le correcteur du cas pratique GPX évalue les critères suivants :

Grille reconstituée à partir des retours candidats et ouvrages de préparation. Total /20.
CritèrePointsCe que le correcteur regarde
Compréhension du sujet4Problématique identifiée, réponse au sujet posé
Structure et plan4Plan apparent, cohérent, équilibré ; intro et conclusion présentes
Raisonnement juridique et opérationnel6Références légales mobilisées correctement, propositions réalistes et conformes aux procédures
Qualité de l'expression écrite4Syntaxe, orthographe, ton administratif, précision du vocabulaire
Utilisation du dossier2Documents exploités (citations, chiffres, références)

3 exemples de sujets type (sécurité publique, RH, déontologie)

Trois familles de sujets reviennent régulièrement aux concours GPX. En voici un exemple commenté pour chaque, avec le plan attendu.